Condemnation and Condolences regarding the Christchurch Mosque Shooting

We are deeply saddened about the terror attack that happened today in Christchurch, New Zealand. We offer our sincerest condolences to those who lost their loved ones and to the people of New Zealand. We strongly condemn this heinous attack that targeted believers while performing their worship service on their holy day.

Terrorism is an affliction that affects the entire humanity and we must all join hands to defeat it. We believe this disease can be treated through dialogue, education and by nurturing a perspective that sees every human as inherently worthy and dignified. We strongly hope that love and solidarity become widespread among all humans and similar tragedies won’t reoccur in the future.

Fethullah Gülen sur Le Monde: « L’échec de l’expérience démocratique turque n’est pas dû à l’adhésion aux valeurs islamiques mais à leur trahison »

Contrairement àce que démontre le pouvoir autoritaire d’Erdogan en Turquie, il est possible deconstruire une démocratie musulmane respectueuse de l’Etat de droit, défend,dans une tribune au « Monde », l’opposant exilé aux Etats-Unis.

Il fut un temps où la Turquie était saluée comme le modèle de la démocratie musulmane moderne. Il est vrai que, au début des années 2000, l’AKP [Parti de la justice et du développement, au pouvoir] avait mis en œuvre des réformes conformes aux standards démocratiques de l’Union européenne (UE) et amélioré le bilan du pays en ce qui concerne les droits de l’homme.

Malheureusement, les réformes démocratiques ont fait long feu. Le processus a été bloqué quelques années plus tard puis, autour de 2011, après sa troisième victoire électorale, le premier ministre de l’époque, aujourd’hui président de la République, Recep Tayyip Erdogan, a fait un demi-tour complet.

« L’échec del’expérience démocratique turque n’est pas dû à l’adhésion à ces valeursislamiques mais plutôt à leur trahison »

Le glissement vers l’autoritarisme a retiré à la Turquie son « exemplarité », à laquelle les autres pays à majorité musulmane pouvaient aspirer.

La démocratie est le système de gouvernement le plus compatible avec les principes de l’islam relatifs à la gouvernance. Certains pourraient être tentés d’invoquer l’exemple négatif de la Turquie sous Erdogan pour démontrer une incompatibilité entre les valeurs démocratiques et islamiques. Or, malgré des dehors d’observance islamique, le régime d’Erdogan représente une trahison totale des principales valeurs islamiques.

Celles-ci ne se réduisent pas à un style vestimentaire ou à l’utilisation de slogans religieux. Elles incluent le respect de l’Etat de droit avec un pouvoir judiciaire indépendant, la responsabilité des dirigeants et la protection des droits inaliénables et des libertés de chaque citoyen. L’échec de l’expérience démocratique turque n’est pas dû à l’adhésion à ces valeurs islamiques mais plutôt à leur trahison.

S’exprimer contre l’oppression est aussi un devoir religieux

Bien que musulmane à 99 %, la société turque reste remarquablement hétérogène. Les citoyens turcs adhèrent à de nombreuses idéologies, philosophies et croyances différentes et s’identifient comme sunnites ou alévis, turcs, kurdes ou d’une autre ethnie, musulmans ou non musulmans, pieux ou séculiers.

Dans une telle société, les tentatives d’homogénéisation sont non seulement improductives mais surtout liberticides. La forme de gouvernance participative où aucun groupe, majoritaire ou minoritaire, ne domine les autres est la seule viable pour une population aussi diverse. On peut en dire autant de la Syrie et des autres pays voisins de la région.

« La libertéest un droit accordé par Dieu, et personne – ni aucun dirigeant – ne peutl’ôter »

En Turquie ou ailleurs, les dirigeants autoritaires ont exploité les différences au sein de la société pour polariser à outrance, dresser les différents groupes les uns contre les autres et maintenir ainsi leur emprise. Quelles que soient leurs croyances ou leurs visions du monde, les citoyens devraient se réunir autour des droits de l’homme et des libertés universels et pouvoir s’opposer démocratiquement à ceux qui violent ces droits.

S’exprimer contre l’oppression est un droit démocratique, un devoir civique et un devoir religieux pour les fidèles. Le Coran demande aux croyants de ne pas rester silencieux face à l’injustice : « Ô vous qui croyez ! Observez la stricte vérité quand vous témoignez devant Dieu, fût-ce contre vous-mêmes, contre vos parents ou vos proches » (sourate 4, verset 135).

Le fait de croire ou de ne pas croire, de vivre selon ses convictions ou sa vision du monde avec la condition qu’elles ne nuisent pas à celles des autres et d’exercer les libertés fondamentales, en particulier la liberté d’expression, fait d’une personne un être humain. La liberté est un droit accordé par Dieu, le Très Miséricordieux, et personne – ni aucun dirigeant – ne peut l’ôter.

Le termed’« Etat islamique » est en soi une contradiction

Contrairement aux revendications des islamistes politiques, l’islam n’est pas une idéologie, c’est une religion. Il comporte certains principes relatifs à la gouvernance certes, mais ceux-ci ne représentent pas plus de 5 % de tout le corpus islamique.

Réduire l’islam à une idéologie politique est le plus grand crime commis contre son esprit. Tous ceux qui ont réfléchi sur l’approche islamique de la politique et de l’Etat ont commis trois erreurs. Primo, ils ont confondu l’islam établi par le Coran et la sunna [ensemble des paroles de Mahomet] et l’islam issu de l’expérience historique des musulmans. Il est important de mener une analyse critique de l’expérience des musulmans et des principes qui en sont issus pour revenir vers les sources premières, afin de proposer un nouvel horizon aux musulmans du monde entier dans les domaines des droits de l’homme, de la démocratie et de la participation citoyenne.

« Lasouveraineté populaire ne veut pas dire que la souveraineté a été enlevée àDieu et qu’elle a été remise aux hommes »

Secundo, une autre erreur consiste à se fonder sur des traductions du Coran ou certains hadiths pour créer une légitimité à une idéologie. Or l’esprit du Coran et, si l’on peut dire, la « philosophie » qui innerve la vie du Prophète ne peuvent être perceptibles qu’avec une intention saine, une approche globale et la recherche de la volonté de Dieu.

Enfin, la troisième erreur postule une incompatibilité entre la religion et la démocratie, en arguant que la première se fonde sur la souveraineté de Dieu et la seconde sur celle du peuple. Aucun musulman ne doute qu’Allah est le maître de tout sur un plan cosmologique. Mais cela ne signifie pas que nous, Ses créatures, n’avons pas de volition, de penchant, de capacité à faire des choix. La souveraineté populaire ne veut pas dire que la souveraineté a été enlevée à Dieu et qu’elle a été remise aux hommes ; elle signifie qu’une question dont la compétence a été accordée aux hommes par Dieu ne saurait être hypothéquée par un dirigeant autoritaire ou une oligarchie.

En outre, ce qu’on appelle « Etat » n’est rien d’autre qu’un système que les hommes ont mis sur pied pour protéger leurs droits fondamentaux et leurs libertés ainsi qu’assurer la justice et la paix. L’Etat n’est pas un but en soi, c’est un moyen permettant aux hommes d’atteindre le bonheur, ici-bas et dans l’au-delà. Le terme même d’« Etat islamique » est en soi une contradiction. L’islam n’ayant pas établi de clergé, la théocratie est étrangère à son esprit. L’Etat, une construction issue d’un contrat social, est formé par des êtres humains, il ne peut donc être islamique ou sacré.

Erdogan a gâchéla démocratie jadis prometteuse de la Turquie

Les démocraties sont aussi nombreuses que variées. L’idéal qui sous-tend toutes ces formes, à savoir qu’aucun groupe ne domine les autres, est aussi un idéal islamique. Le principe d’égalité des citoyens repose sur le principe de la reconnaissance de la dignité de chaque être humain et du respect qui lui est dû en tant que création de Dieu. Une forme de gouvernance participative ou républicaine est beaucoup plus en résonance avec l’esprit islamique que d’autres formes de gouvernement, comme les monarchies et les oligarchies.

« EnTurquie, une vaste campagne d’arrestations fondée sur la culpabilité parassociation se poursuit »

Le tableau actuel des dirigeants de la Turquie ressemble plus à une oligarchie qu’à une démocratie. Comment en est-on arrivé là ?

Erdogan a gâché la démocratie jadis prometteuse de la Turquie, faisant main basse sur l’appareil d’Etat, confisquant des entreprises et récompensant ses affidés. Afin de resserrer les rangs derrière lui et d’approfondir son emprise au pouvoir, il m’a déclaré ennemi de l’Etat, m’accusant ainsi que mes sympathisants d’être la cause de tous les maux. Un exemple typique de la recherche du bouc émissaire. Le régime d’Erdogan m’a poursuivi ainsi que des centaines de milliers d’autres personnes – critiques de tous bords mais surtout du mouvement pacifique Hizmet. Des manifestants écologistes, des journalistes, des universitaires, des Kurdes, des alévis, des non-musulmans et certains groupes sunnites critiques d’Erdogan ont subi les contrecoups de son agenda politique. Des vies ont été ruinées par les détentions, les licenciements et d’autres injustices encore.

En raison de la persécution en cours, des milliers de volontaires du Hizmet ont demandé l’asile dans les pays européens, dont la France. En tant que nouveaux résidents, ils doivent respecter les lois de ces pays, aider à trouver des solutions aux problèmes de ces sociétés et mener une lutte active contre la propagation d’interprétations radicales de l’islam en Europe.

En Turquie, une vaste campagne d’arrestations fondée sur la culpabilité par association se poursuit. Plus de 150 000 Turcs ont perdu leur emploi, 200 000 ont été placés en garde à vue et 50 000 ont été envoyés en détention. Les personnes qui font l’objet de poursuites pour des motifs politiques et qui veulent quitter le pays sont privées de leur droit fondamental d’aller et venir, leur passeport étant annulé.

Erdogan entame la réputation acquise par la République turque sur la scène internationale depuis 1923, exploitant les relations diplomatiques et mobilisant le personnel et les ressources du gouvernement pour harceler et kidnapper les sympathisants du mouvement Hizmet dans le monde entier.

Les valeursdémocratiques n’ont jamais été enracinées dans la société turque

Ces dernières années, et face à de telles persécutions, les citoyens turcs sont restés passifs dans leurs revendications démocratiques face à leurs dirigeants. Le souci de la stabilité économique est l’une des raisons de ce comportement.

Mais il existe aussi une raison historique. Bien que la gouvernance démocratique ait été un idéal de la République turque, les valeurs démocratiques n’ont jamais été enracinées dans la société turque. L’obéissance à un dirigeant fort et à l’Etat a toujours été un thème récurrent dans les programmes scolaires.

Les coups d’Etat militaires, qui surgissent presque tous les dix ans, n’ont pas permis à la démocratie de s’enraciner ni de progresser. Les citoyens ont oublié que l’Etat existait pour le peuple, et non l’inverse. Erdogan a profité de cette psyché collective.

« Je croisfermement que la Turquie retrouvera un jour le chemin de la démocratie »

La démocratie turque est peut-être dans le coma à cause du régime actuel mais je reste optimiste. L’oppression ne dure jamais longtemps. Je crois fermement que la Turquie retrouvera un jour le chemin de la démocratie. Cependant, pour que la démocratie prenne racine et soit pérenne, plusieurs mesures doivent être prises.

Tout d’abord, les programmes scolaires doivent être révisés. Des sujets tels que l’égalité de tous les citoyens et la protection des droits et libertés fondamentaux de la personne humaine doivent être enseignés aux élèves dès les premières années, afin qu’ils puissent en être les gardiens lorsqu’ils grandiront.

Ensuite, il est nécessaire de rédiger une Constitution qui ne permette ni la domination de la minorité ni celle de la majorité et protège les droits fondamentaux de l’homme proclamés notamment par la Déclaration universelle des droits de l’homme. La société civile et la presse libre doivent être protégées par la Constitution afin qu’elles puissent faire contrepoids au pouvoir de l’Etat. Enfin, les leaders d’opinion doivent mettre l’accent sur les valeurs démocratiques dans leurs discours et leurs actions.

La Turquie a maintenant atteint un point où la démocratie et les droits de l’homme sont mis de côté. Elle a raté une occasion historique de parvenir à une démocratie à l’européenne avec une population majoritairement musulmane. Il y a seulement une décennie, cette perspective était considérée comme une possibilité réelle.

J’espère, et je prie, pour que la triste expérience vécue récemment par les pays à majorité musulmane conduise à un réveil de la conscience collective en vue de former des dirigeants animés d’un esprit démocratique qui défendent sincèrement les libertés fondamentales de l’homme. L’islam ne trouvera rien à redire.

Fethullah Gülen 

Fethullah Gülen, né en 1941, est un prédicateur et intellectuel musulman turc,fondateur du mouvement Hizmet (« le service »). Exilé aux Etats-Unisdepuis 1999, il est notamment accusé par Recep Tayyip Erdogan, dont il futproche, d’avoir voulu réaliser un coup d’Etat en 2016. Le président turc aémis un mandat d’arrêt contre lui.

Gulen on Le Monde: “Islam is Compatible with Democracy, Despite Turkey’s Recent Example”

Turkey was hailed as an example for a modern Muslim democracy during the early 2000s. The current ruling party that came to power in 2002 implemented reforms that were aligned with the European Union’s democratic standards and the country’s record in human rights began to improve.

Unfortunately, the democratic reforms were short lived. The process stalled only a few years later and then around 2011, following his third election victory, then-prime minister now president Erdogan made a complete U-turn. The slide into authoritarianism have made Turkey no longer an example for other Muslim-majority countries to aspire to.

Some may view the negative example Turkey presents under Erdogan as evidence of an incompatibility between democratic and Islamic values. But that would be an erroneous conclusion.

Despite the outward appearance of Islamic observance, Erdogan regime represents a complete betrayal of core Islamic values. These core values are not about a style of dressing or the use of religious slogans. They include respect for the rule of law and the independence of the judiciary, accountability for the rulers and the preservation of inalienable rights and freedoms of every citizen. The recent setback in the Turkish democratic experience is not because of adherence to these Islamic values, but rather because of their betrayal.

Turkish society remains remarkably heterogeneous. Sunni or Alevi, Turk, Kurd or other in ethnicity, Muslim or non-Muslim, and religiously observant or secular in lifestyle Turkish citizens adhere to many different ideologies, philosophies, and beliefs. In such a society, the effort to make everyone the same is both futile and disrespectful to humanity. Participatory or democratic form of governance where no group, majority or minority, dominates the others is the only viable form of governance for such a diverse population. The same can be said of Syria, Iraq and other neighboring countries in the region.

In Turkey or elsewhere, authoritarian rulers have exploited the differences within the society to polarize various groups against each other and maintain their stronghold in power. Whatever beliefs or worldviews they have, citizens should come together around universal human rights and freedoms and be able to democratically oppose those who violate these rights.

Expressing yourself against oppression is a democratic right, a civic duty, and a religious duty for believers. The Quran states that people should not remain silent against injustice: “O you who have believe! Be persistently standing firm in justice, witnesses for God, even if it be against yourselves or parents and relatives.” (4:135)

Living according to your beliefs or worldview with the condition that it does no harm to others, and exercising fundamental human freedoms, especially freedom of speech, makes a person truly a human. Liberty is a right given by the Compassionate God, and no one—and no leader—can take that away. A person deprived of his or her basic rights and freedoms cannot be said to live a truly human life.

In contrast to claims by political Islamists, Islam is not a political ideology, it is a religion. It does have some principles that pertain to governance, but these account for, at most, five percent of all Islamic principles. To reduce Islam to a political ideology is the greatest crime against its ethos.

In the past those who studied or spoke about the Islamic perspective of politics and state made three errors: First, they confused the historical experiences of Muslims with the foundational sources of Islamic tradition, the Qur’an and the authentic sayings and practices of the Prophet (upon whom be peace and blessings of God). Historical experiences of Muslims and the verdicts of the jurists under these circumstances should be analyzed with a critical eye, and cannot be given the same status as the authentic sources of religion. Secondly, some cherry-picked verses of the Qur’an or the sayings of the Prophet (pbuh) to legitimize their perspective and pursued to impose that perspective upon people. The spirit of the Qur’an and the Prophetic tradition (Sunnah) can only be understood with a holistic view and with a sincere intention to seek out the will of God. Third, some concluded, wrongfully, that democracy is fundamentally against Islam because Islam declares God as the only sovereign whereas democracy is based upon the sovereignty of the people. No believer doubts that God is the sovereign of the universe, but this does not mean that human agency, including thought, inclinations and willpower do not exist or are excluded from God’s greater plan for humanity. Giving sovereignty to the people does not mean usurping it from God, but rather taking the right and duty to govern, which is endowed to humans by God, from a dictator or an oligarchy and giving it back to the people.

The “state” is a system formed by human beings in order to protect their basic rights and freedoms and maintain justice and peace. The “state” is not a goal by itself, but an agency that helps people pursue happiness in this world and in the afterworld. The alignment of the state with a set of principles and values is a sum of the alignment of the individuals who make up the system with those principles and values. Therefore, the phrase “Islamic state” is a contradiction in terms, an oxymoron. Similarly, since there is no clergy class in Islam, theocracy is alien to the spirit of Islam. A state is a result of a contract among humans, made up of humans, and it can neither be “Islamic” nor “holy”.

Democracies come in all shapes and sizes. The democratic ideal that underlies these forms, that no group has domination over the others, is also an Islamic ideal. The principle of equal citizenship is in alignment with acknowledging the dignity of every human being and respecting them as a work of art that was created by God. Participatory form of governance, whether it is called a democracy or republic, is much more in resonance with the Islamic spirit than other forms of government, including monarchies and oligarchies.

The present picture of Turkey’s leadership resembles an oligarchy rather than democracy. How did it go wrong?

President Erdogan has corrupted Turkey’s once-promising democracy, co-opting the state, seizing businesses and rewarding cronies. In order to consolidate enough of the public behind him to make his power grab, he has declared me and Hizmet movement participants the enemy of the state, blaming us for every negative incident in the country in the recent past. This is a textbook example of scapegoating.

The government under President Erdogan has pursued me and also hundreds of thousands of other people—critics of all stripes, but especially from the peaceful Hizmet movement. Environmental protesters, Journalists, Academics, Kurds, Alevis, non-Muslims, and some of the Sunni Muslim groups who have been critical of Erdogan’s actions have had their share of consequences of his political agenda. Lives have been ruined through sacking, confiscating, jailing, and torture.

Due to the ongoing persecution, thousands of Hizmet volunteers have sought asylum in around the Globe, including France. As new residents, they must abide by the laws of these countries, help find solutions to problems of those societies and lead an active struggle against the spread of radical interpretations of Islam in Europe.

Back in Turkey, a vast arrest campaign based on guilt by association is ongoing. The number of victims of this campaign of persecution keeps increasing, with over 150,000 losing jobs, over 200,000 detained and over 80,000 arrested and jailed. People who are targeted by politically-motivated prosecution and who want to leave are deprived of their fundamental right to leave the country as their passports are cancelled. Despite setbacks due to military coups, Turkish Republic has been on a path of continuous improvement in democracy since its beginning in 1923. Erdogan is draining the reputation that the Turkish Republic has gained in the international arena, pushing Turkey into the league of nations known for suffocating freedoms and jailing democratic dissenters. The ruling clique is exploiting diplomatic relations, mobilizing government personnel and resources to harass, haunt and abduct Hizmet movement volunteers all around the world.

In recent years, and in the face of such persecutions, Turkish citizens have remained relatively passive in conveying their democratic demands to their leaders. Concern for economic stability is one possible reason for this behavior. But if we backtrack from today, we can see that there is also a historic reason.

Despite the fact that democratic governance has been an ideal of Turkish Republic, democratic values have never been systematically ingrained into the Turkish society. Obedience to a strong leader and the state have always been a strong theme in educational curricula. The military coups, which happened almost every decade, did not give democracy a chance to take hold and progress. Citizens forgot that the state existed for the people and not vice versa. It can be argued that Erdogan took advantage of this collective psyche.

Turkish democracy may be in a coma due to the current leadership but I remain optimistic. Oppression does not last for too long. I believe that Turkey will one day return to the democratic path. However, for democracy to take root and be long lasting, several measures need to be taken.

First of all, the school curricula should be reevaluated. Topics such as equal rights for all citizens and fundamental human rights and freedoms should be taught to students in the first years of school so that they can be guardians of these rights when they grow up. Secondly, there is a need for a constitution that does not allow for either the minority or the majority’s domination and protects in every situation the fundamental human rights referred to in the United Nations’ Universal Declaration of Human Rights. Civil society and free press should be protected by the constitution to flourish and be part of the checks and balances against the state power. Thirdly, opinion leaders should emphasize democratic values in their rhetoric and action.

Turkey has now reached a point where democracy and human rights are put aside. It appears to have lost a historic opportunity to achieve a democracy by the standards of the European Union with  a majority Muslim population.

The leaders of a country are like the cream on top of a liquid. The cream is made of the same ingredients as the liquid underneath it. Leaders of a society, possibly with some level of inaccuracy or delay, reflect the beliefs and values of a society. I hope and pray that the recent sad experience of the Muslim majority countries lead to an awakening in the collective consciousness to produce democratically minded leaders and governments that uphold not only free an fair elections, but all fundamental human rights and freedoms.

Fethullah Gulen